7° rencontre de l' association BPCO au Sénat à Paris.

Marie-Rose, notre présidente et Cécile, notre trésorière, ont pu assister à ce colloque au Sénat à Paris, le 12 novembre 2014. En voici le compte rendu.

7E RENCONTRE DE L’ASSOCIATION BPCO

 

Ouverture par le Dr Charles Descours, sénateur honoraire et le Dr Frédéric Le Guillou, président de l’Association BPCO.

 

Il nous faut devenir un lobby pour lutter contre le fléau de la BPCO !

 

 

Dr Yves Guillet :

 

L’association BPCO existe depuis 12ans et c’était la 7erencontre cette année. Elle bénéficie du soutien de la FFAAIR, mais aussi du monde pharmaceutique (AstraZeneca, Boeringer Ingelheim, GlaxoSmithKlein et récemment, Novartis) pour lutter contre ce « Tueur silencieux » qu’est la BPCO.

 

M. Pascal Mélihan Cheinin du ministère des affaires sociales

 

A affirmé avec force que la prévention n’est pas une option mais une priorité. Il faut mener une action vigoureuse contre le tabagisme. En France, il y a 30% des individus qui fument, en Australie, 12%. Il faut mener une campagne vigoureuse contre le tabac sur la durée (à cause de son extrême toxicité), ce qui n’est pas le cas en France, même s’il y a eu d’heureuses initiatives comme la loi Evin.

Les enfants de 2014 pourraient être la première génération sans tabac !

Quelques idées pour lutter contre le tabac :

  • Eviter l’emballage attractif
  • Interdire de fumer dans la voiture, si des enfants de – de 12 ans sont présents
  • Instaurer un parcours éducatif anti-tabac pour les enfants, à tous les niveaux, de la maternelle au lycée

 

Pr. Bruno Housset

 

Pourquoi la prévention n’est pas une option mais un impératif ?

  • La BPCO est une maladie non diagnostiquée à 80%
  • On pourrait croire que ce n’est le cas que pour les stades débutants de la maladie ! Hélas non ! 6% des personnes atteintes d’une forme grave ne sont pas diagnostiquées !
  • Le coût de la BPCO est très important
  • Il y a actuellement des événements pédiatriques qui favorisent la BPCO

 

Dr Frédéric Le Guillou

 

50% des fumeurs meurent du tabac

1 Français sur 5 a déjà entendu parler de la BPCO

21% la connaissent

La BPCO doit être signalée sur les paquets de cigarettes

 

François Beck, directeur de l’observatoire français des toxicomanies

 

  • Suite à l’augmentation du prix du tabac, il y a eu diminution de la consommation, mais depuis 2005, elle augmente de nouveau, en particulier chez les femmes
  • 24% des femmes enceintes fument
  • la moitié des chômeurs sont des fumeurs

La lutte contre le tabac doit s’inscrire dans le temps : le preuve, c’est qu’en Angleterre où le tabagisme est combattu de manière vigoureuse, la consommation ne cesse de baisser.

 

Les vapoteurs : qui sont-ils ?

+ on est jeune, plus on vapote !

Grâce à la cigarette électronique, il y a eu une nette baisse de la consommation de tabac, mais 1% seulement de vapoteurs a réussi à arrêter le tabac.

 

Dr Gilles Dixsaut, médecin de l’hôpital Cochin

 

Le tabac est cause de 2-3 millions de décès prématurés dans le monde.

Les produits les plus incriminés dans la pollution :

  • La concentration de NO2 près des grands axes routiers

  • L’ozone

  • Les particules fines sont les plus nocives pour les personnes atteintes de problèmes respiratoires

     

          L’exposition à long terme est plus grave que les pics de pollution, même si ce sont eux     qui défraient la chronique.

     

          Ce serait aux médecins de faire des mesures du souffle avec des spiromètres, mais il faut des embouts jetables qui coûtent la valeur d’un timbre et ne sont pas remboursés par la SECU.

     

    Thomas Jan, responsable de la CNAMTS (Sécu)

     

    Parle du PRADO, c'est-à-dire d’une série de mesures prises pour l’accompagnement du retour à domicile après une hospitalisation. Ce dispositif existe déjà pour d’autres maladies chroniques et devrait être testé d’ici la fin 2014 (!) pour les malades atteints de BPCO dans 6 départements. Lesquels ? Malgré l’insistance du Dr Guillou, pas de réponse. Le Dr Ranphul-Daul de Schirmeck a d’ailleurs exprimé ses craintes concernant ce dispositif ! Pourquoi ? 

    Il faut savoir qu’il y a 56 000 patients par an qui retournent à la maison après une exacerbation et 46% sont de retour à l’hôpital dans les 6 mois. Le dispositif PRADO devrait éviter cela et réduire ainsi les dépenses de la CNAMTS.

     

    Pour Alain Murez

     

  • La réhabilitation respiratoire (R&R) est « un produit qui se consomme à chaud », c'est-à-dire qu’il faut sauter sur la place qui se libère dans un centre, parce qu’il y a 900 00 patients qui sont concernés et un nombre insuffisant de centres adaptés.

  • Le problème, c’est que le bénéfice de la réhabilitation respiratoire ne dure pas plus de 8 mois, si le malade ne continue pas à s’entraîner au retour !

  • Or, si les médicaments soulagent le patient, seule la R&R améliore son état.

  • Autre pb : les généralistes n’envoient pas assez de malades en réha.

  • Il faut accepter de financer les actes de R&R

  • Il faut soutenir les associations qui proposent des APA

     

    Pr. Gérard Dubois, Prés. de la commission Addictions de l’Académie Nationale de Médecine

     

    N’a pas mâché ses mots :

  • Le tabac est un fléau pour l’humanité
  • si l’on veut vaincre la BPCO (et tant d’autres maladies/cancers), il faut que les pouvoirs publics aient le courage et la volonté de mener une politique vigoureuse et soutenue contre les lobby du tabac !