Menu du jour « gastronomique » et visite du musée Judéo-Chrétien

  

 Au restaurant de l'Agneau à Pfaffenhoffen, la table pour nos 40 convives était mise comme pour un grand déjeuner. Et pourtant, nous n'avions réservé qu'un plat du jour ! Pour l'apéro nous attendaient des gougères, puis ce fut une quiche aux poireaux et saumon fumé - très légère - un succulent tajine de volaille au citron confit, et un exquis tartare de fruits frais et sorbet des îles.

  

Et bien qu'en coulisse un petit drame s'est joué - la patronne s'étant fracturé le col du fémur - le service a été parfait, et le timing - que nous avions imposé pour être à temps au musée - respecté. Et lorsque j'ai demandé à la sœur de la patronne si l'organisation n'était pas trop stressante vu le fâcheux contretemps, elle m'a répondu avec le sourire : " Rien ne doit transparaître : le client est roi !" Bravo pour l'élégance et le professionnalisme.

 

 

A 15 heures, nous étions à l'ancienne synagogue de Bouxwiller, devenue musée. Il faut savoir qu'une communauté juive a longtemps prospéré dans cette ville, mais après la guerre, la synagogue devait être démolie pour devenir parking de supérette. Heureusement, l'Association des Amis du Musée Judéo-Alsacien de Bouxwiller a été créée, sous l'impulsion de Gilbert Weil. Ainsi, après quinze ans de démarches, de déceptions, et d'acharnement, le bâtiment a été sauvegardé.

 

 

Partant des objets exposés, notre guide nous a fait vivre l'histoire de cette communauté. La vie familiale est le noyau de toute vie juive. Chacun a le devoir de se marier et d’avoir des enfants. Les mariés s’installent sous la ‘houpah, (le dais) pendant que les bénédictions du mariage sont prononcées. Elle a évoqué aussi les fêtes juives et nous a fait remarquer les correspondances entre les coutumes juives et chrétiennes. La bénédiction du pain et du vin se fait sous une serviette : il en va de même chez les chrétiens. Le dimanche des rameaux (souccouth) et le mercredi des cendres rappellent les deux destructions du temple à Jérusalem.

 

 

Loin d’être rigide ou surannée, la loi juive veillait à résoudre les problèmes du siècle, tout en restant fidèle aux principes permanents de la Torah. Ainsi, les juifs privilégient la vie en toutes circonstances. En cas de maladie, ils sont dispensés de respecter les lois alimentaires. Pendant la guerre, ils pouvaient manger du porc et en cas de famine, ils avaient l'obligation de se nourrir, même de porc ou de lapin. Si dans une même famille, deux garçons mouraient après la circoncision, le 3e n'était pas circoncis. Les médecins, pompiers, infirmiers peuvent travailler les samedis, car ils sauvent des vies.

  

 

Une visite d'une heure et demie était prévue, mais notre guide s'est montrée si captivante que l'horaire a été largement dépassé.